Lycée Léonard de Vinci - Amboise

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Rencontres et ateliers

Rencontres et ateliers

Atelier de danse-contact avec Séverine Bennevault-Caton

en résidence au théâtre Beaumarchais

 

 

 

 

 

 

Rencontre avec l'auteur-interprète Cyril Mokaiesh

30.11.2018

 

Préparation de la rencontre :

 

Le groupe a visionné et échangé autour du clip de la chanson "Clôture" : lien vers le clip.

Nous avons ensuite parcouru les textes de certaines chansons - "La loi du marché", "Houleux", "Novembre à Paris", "Clôture" : lien vers l'activité de compréhension.

Après avoir plongé dans l'univers de l'artiste, les élèves ont pu créer un questionnaire auquel Cyril Mokaiesh a répondu lors de la rencontre au théâtre Beaumarchais le jour de sa venue pour son concert du soir. L'entretien au format PDF.

 

Entretien :

 

 

• Quel est votre parcours dans la musique ? Envisagiez-vous ce métier plus jeune ?

 

J’ai commencé la guitare vers 12/13 ans puis j’ai arrêté. J’étais un adolescent pas très scolaire au parcours atypique puisque j’ai fait un sport/étude pratiquant le tennis à haut niveau. A 18 ans j’ai découvert d’autres portes à travers la poésie et la lecture. Je me sentais un peu perdu, je n’avais plus envie de faire du tennis et l’écriture m’a ouvert une nouvelle voie. J’ai écrit mes premières chansons vers 18-19 ans. Mon écriture, instinctive et pleine de maladresses était alors une vraie thérapie. N’étant pas un bon instrumentiste, la rencontre avec des musiciens a été l’étape suivante à travers notamment la création de groupes. Les belles années ont laissé place progressivement à une pratique professionnelle, due à mes responsabilités de père. Je n’ai pas vécu de la musique pendant dix ans. Depuis trois ans, c’est mon métier.

 

• Pourquoi avoir choisi la musique comme moyen d’expression ?

 

Je n’ai pas une culture musicale très étendue. C’est davantage mon rapport au chant, un rapport physique qui m’a amené à m’exprimer par cette voie. Il y a quelque chose d’impudique dans le chant, d’exultant. Être sur scène c’est se livrer, montrer quelque chose de soi en trois minutes. Une chanson c’est un condensé. On peut faire tenir deux mois d’existence en trois minutes. Le format de la chanson me correspond. Je ne me serais pas vu écrire des romans. Il y a quelque chose de direct, quelque chose qui relève de l’évidence dans la chanson. Et puis, je ne savais rien faire d’autre.

 

 

• Quels artistes vous inspirent? Quelles sont vos influences musicales?

 

J’ai baigné dans les disques rocks de mon grand-frère de Jim Morrison à Led Zeppelin en passant par Freddy Mercury, Radiohead. Parmi les groupes français, Noir Désir a une place particulière dans mes influences. Puis il y a eu la chanson française à travers des figures comme Léo Ferré ou Brel. J’essaye aussi de suivre les tendances pour ouvrir mes horizons et ne pas m’enfermer dans un style. J’ai une pratique d’auditeur qui s’apparente à la consommation musicale à laquelle on participe aujourd’hui à travers des services tels que Deezer ou Spotify. J’écoute certains titres, je pioche à droite, à gauche. En ce moment j’écoute The Streets, je me tourne vers le hip-hop. Je suis également sur un projet d’album qui retrace mon identité entre Paris et Beyrouth, et je me tourne vers mes origines libanaises. J’écoute Bachar Mar Khalifé, Tamino et je suis très sensible à la dimension prophétique, aux chants harmonisés de cette musique.

 

 

• De quelle manière écrivez-vous, composez-vous vos textes ? Seul ? Avec des co-auteurs?

 

J’écris seul. Dans un premier temps j’ai besoin d’une structure musicale, à la guitare ou au piano, une sorte de champ réduit dans lequel je peux poser les mots. Dernièrement, Valentin Montu m’a proposé de nouveaux sons, à l’ordinateur.

 

 

• Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire sur la société ?

 

Avoir écouté Noir Désir et Léo Ferré. Et puis, la période dans laquelle on vit suscite l’engagement, l’audace de se faire témoin et acteur de ce qui se passe. Il y a aussi quelque chose qui relève du super-héros, de l’envie d’être un Robin des bois en chanson, chanter pour ceux qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer. La phrase de Bernard Lavilliers a une grande importance pour moi : « Si les grands ne sont grands ce n’est que parce que nous sommes à genoux. » La question c’est celle de l’engagement. Quand on a la possibilité de s’exprimer face à un auditoire on ne peut pas se contenter de parler de soi. Mon engagement n’est pas politique, il est humain.

 

• Pourquoi mettez-vous en lien votre vie intime et votre place de citoyen dans cet album?

 

Dans Clôture je parle d’événements quotidiens comme la sortie de l’école, avec une inspiration à la Renaud. Mais j’évoque aussi la loi du marché, « Lidl ». Ces deux extrêmes sont profondément intriqués. Tout naît de l’intime.

 

• Quelles émotions vous procurent ces chansons ? Vous sentez-vous libéré après avoir transmis ces textes?

 

Je suis assez alerte sur mon travail et j’ai un entourage de 5/6 personnes dont l’avis est très important pour moi. Je leur fait écouter les maquettes pour avoir un retour et je prends vraiment en compte la réception qu’ils en font.        Néanmoins, je tourne assez rapidement la page après avoir écrit une chanson. Une fois enregistrées je les redécouvre sur scène et je me remets en situation face au public.

 

• Quelle est la chanson de votre album que vous préférez? Pourquoi ?

 

« Clôture ». Elle parle de l’époque avec un ton décalé, une forme d’auto-dérision, de l’ironie. C’est finalement le résumé de l’album. Et puis, une chanson c’est avant tout un accident. Pour « Clôture », j’étais assis au bord d’une fontaine des Tuileries, après avoir passé des vacances plutôt déprimantes. J’ai tout exposé sur une ritournelle à la guitare. C’est une écriture fleuve qui coule dans cette chanson.

 

• Pourquoi avoir juxtaposé des images dans le clip vidéo de « Clôture » ?

 

Pour des raisons budgétaires notamment. Et puis un jour alors que je regardais un documentaire animalier je me suis dit que cela pouvait offrir une métaphore efficace, et qu’au fond, on n’était pas si loin d’eux.

 

• Pourquoi certaines paroles sont-elles parlées et non chantées ?

 

Quand on chante c’est différent de quand on parle. Aujourd’hui une chanson c’est une rythmique et un débit. La mélodie amène un côté pop que je n’ai pas forcément envie d’avoir dans mon travail. Le propos quand il est parlé est percutant comporte un aspect frontal.

 

• Quel rapport entretenez-vous avec votre public ?

 

Mon public comporte 3000 personnes fidèles environ, qui me suivent depuis 7, 8 ans.

 

L’entretien s’est terminé par un échange spontané avec les élèves. Cyril Mokaiesh les a interrogés sur leur rapport à l’écriture, à la musique. Il a témoigné de l’importance d’être passionné et de conserver son enthousiasme et sa motivation malgré les difficultés. Les belles choses artistiques naissent parfois de rien, il faut savoir garder l’élan.

 

Les élèves ont pu assister ensuite aux balances pour le concert du soir.

 

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